miércoles, 16 de octubre de 2024

MON TEMOIGNAGE - ACCIDENT DE TRAVAIL CHEZ SOREDAL

 Chers amis,


C'est l'histoire la plus triste que j'ai dû écrire dans ma vie, mais le besoin de laisser une trace de ce qui s'est réellement passé est plus fort que moi et me semble crucial au cas où il m'arriverait quelque chose.


En 2023, je travaillais dans une entreprise de construction en France qui fait des dalles, appelée Soredal Sud-Est (si vous la cherchez sur Google, vous la trouverez facilement). Le 16 mai de la même année, un collègue, Anatole Coillard, me propose d'aller sur un chantier. Comme d'habitude, je lui demande si nous avons besoin de protection personnelle, et il me répond que non, que c'était juste pour rencontrer un client et examiner des défauts sur le site.


Une fois sur place, je vois une grande scie à béton, je ne l'avais jamais vue en action. Il y avait aussi deux autres opérateurs de l'entreprise. Nous rencontrons le client et discutons d'une solution. Pour la mettre en œuvre, Anatole me demande de tendre un film pour faciliter le passage de la scie. Juste après, Rachid Bougrine, l'opérateur de la scie la met en marche, j'étais accroupi à 2 mètres de la scie, juste à côté. L'opérateur continue d'utiliser la machine sans se soucier de ma proximité ni de mon absence de protection, tandis qu'Anatole me fait signe de me boucher les oreilles avec les mains. La douleur était insupportable, quelque chose dans mon tympan s'est tendu, plus tard j'ai appris que la machine atteignait 130 dB.


En rentrant chez moi, j'avais beaucoup de vertiges, j'ai commencé à entendre des bourdonnements très aigus, mais ce qui m'a le plus surpris, c'est que tous les sons pendant mon voyage en train me faisaient mal. Je suis donc allé voir un médecin de garde qui a constaté une anomalie dans mon tympan et m'a donné un certificat d'accident de travail, car il est de l'obligation de l'employeur de fournir une protection auditive aux employés, ce qui n'avait pas été mon cas. Ce même jour, j'ai envoyé le certificat d'accident à l'entreprise par mail.


Quelques jours passent alors que mes symptômes auditifs s'aggravent, je remarque que l'ambiance au bureau est tendue. J'ai fini par parler à mon employeur, François Bomel, car il n'avait pas déclaré l'accident de travail à la sécurité sociale après le délai légal de 3 jours. Dans son bureau, je lui ai demandé pourquoi il n'avait pas déclaré l'accident, et ma question a été suivie d'agressions et d'humiliations de sa part. Apparemment, j'avais trahi l'entreprise en allant chez le médecin, cet accident allait leur coûter beaucoup d'argent maintenant que la sécurité sociale était au courant. En résumé, toute l'entreprise me détestait et j'étais un incapable "je devrais avoir honte d'avoir eu un accident". La pression psychologique de mon employeur a été si forte qu'il m'a convaincu de signer une rupture conventionnelle. Tout ce qu'il m'a dit ce jour-là résonne encore un an et demi plus tard dans ma tête.


En quittant l'entreprise, je pensais que mes symptômes allaient passer avec le temps. Je ne connaissais pas l'hyperacousie douloureuse, le TTTS et les acouphènes réactifs. Dans les mois suivants, et jusqu'à aujourd'hui, ma vie a commencé à se restreindre complètement. Je suis passé d'un mélomane à quelqu'un qui ne pouvait presque plus écouter de la musique, toute mon identité était forgée par elle, maintenant c'est une chose du passé. Mon violoncelle et ma guitare sont aussi devenus inutilisables. La douleur que me causait le fait de sortir de chez moi était seulement égale au vertige provoqué par certains sons. Et pour couronner le tout, si je voulais reposer mon audition dans le silence, mes acouphènes m'attaquaient, ce qui, jusqu'à ce jour, m'empêche de lire, de regarder la télé ou de dormir.


Tous ces symptômes étaient trop graves. Vers octobre, j'ai écrit à mon ancien employeur pour qu'il déclare l'accident de travail, en France cela permet d'être couvert pour les frais médicaux et d'obtenir une indemnisation pour ce qui s'est passé. Moi, innocemment, je voulais simplement pouvoir commencer une thérapie TRT. Mon ancien employeur ne m'a jamais répondu.


Le temps a passé et la sécurité sociale m'a demandé ma version des faits, ce qui m'a paru très curieux. Apparemment, mon employeur avait déclaré qu'il n'y avait pas de témoins de ce qui s'était passé...


Peu de temps après, j'ai reçu par courrier des documents. Ils avaient enquêté sur l'entreprise et avaient contacté par téléphone les témoins que j'avais mentionnés dans ma déclaration, témoins que j'avais tenté de contacter auparavant sans succès.


Ce fut le moment le plus triste de ma vie, les deux témoins, Anatole Coillard et Rachid Bougrine, disaient que j'étais à 20 mètres de la scie au lieu des 2 mètres réels... À ce moment-là, je ne comprenais pas ce qui se passait, j'ai commencé à perdre la respiration, je ne sentais plus mes membres, je ne pouvais plus penser... Non seulement ma vie était en train de s'effondrer à seulement 37 ans, mais tout me faisait croire que mon employeur avait fait mentir les deux témoins.


Dans les jours qui ont suivi, les images de mon employeur François Bomel, et du témoin Anatole Coillard, qui m'avait demandé de me placer à côté de la scie, revenaient sans cesse, et c'est encore le cas aujourd'hui.


Vers la fin de l'année 2023, la décision de la sécurité sociale française est tombée : l'accident n'a pas été reconnu à cause des deux faux témoignages. Ma vie a défilé devant mes yeux... J'avais tout perdu... je ne voulais plus vivre dans un tel monde, j'ai pris 30 comprimés de Valium pour en finir. Apparemment, ma copine m'a trouvé par chance inconscient sur le sol de la salle de bain et a appelé les pompiers. Je me suis réveillé hospitalisé où j'ai commencé un traitement antidépresseur fort.


Jusqu'à ce jour, aucun des symptômes n'a diminué et les médecins parlent d'une condition chronique car le dommage à l'oreille interne est irréversible.


Moi qui pensais, j'espère ne pas me tromper, avoir été une bonne personne envers mes semblables, je dois maintenant sortir dans la rue avec des bouchons d'oreilles, je ne peux plus écouter de la musique depuis un an et demi, j'ai du mal à marcher à cause des vertiges, je ne peux pas travailler, je ne peux pas lire, je pleure tous les jours, si je suis dans le silence, des bourdonnements aigus m'attaquent, si je m'expose au son, je ressens de la douleur, je fais des cauchemars en revoyant sans cesse les visages de François Bomel et Anatole Coillard, les mêmes visages qui me hantent pendant la journée alors que j'essaie de continuer à avancer. J'ai vieilli de 50 ans en un an et demi.


J'écris peut-être par le désir de surmonter mes pensées suicidaires en laissant un témoignage dans une communauté qui, je l'espère, me comprendra. J'ai été victime de quelque chose qui ne sera jamais connu en dehors de ce message, on m'a complètement volé ma vie. La seule chose qui me permet de rester en vie est un cocktail de 5 psychotropes différents qui n'améliorent pas l'hyperacousie douloureuse ni ne calment mes idées suicidaires.


La musique me manque, parler avec les gens me manque, sortir pour découvrir de nouveaux endroits et destinations me manque, discuter avec mes amis et ma famille me manque, ressentir le bonheur me manque.


martes, 5 de diciembre de 2023

NEW ORLEANS

Estuvimos días enteros armando tabaco. No teníamos otra cosa que hacer. La lluvia sucia entraba por los poros del monoambiente de Marcos. El hijo de puta tenía todavía una tonelada de mis libros. Decía que había estado internado innumerables veces y que había escrito novelas irreales en cada una de sus internaciones. Según él los antipsicóticos le daban el "vuelo" suficiente para escribir como los dioses. Yo no había leído absolutamente nada de él. A veces me preguntaba si realmente no estaba muerto.
- La gente enamorada es peligrosa, Andrés.
Yo seguía armando tabaco. Habíamos pasado dos días sin hablar. Marcos era otro mito falso.
- No vomitan, se compran cepillos de dientes y autos familiares. Se olvidan de la muerte.
Dentro del único armario estaba mi guitarra. Sin cuerdas. La agarré, la sostuve un rato largo por el cuello. Tenía marcas de lápiz labial y sueños rotos. La tiré fuertemente boca abajo como si fuese el pasado entero.
Los monólogos de Marcos se escuchaban lejanos. Se suponía que debería estar escuchando. Tenía ganas de estrangularlo amablemente. El secreto de un asesinato es la sinceridad.
Levanté el teléfono y llamé a Ana. Nadie respondía. Colgué. Había recuperado su libro de Kerouac. Me dolía hasta el fondo de mis ojos. Me los cubrí fuertemente con ambas manos. Toda mi vida me había sentido atrapado en una vieja película.
- Somos contratiempos, constantemente modificados por nuestros propios pensamientos.
- Ya tengo el libro Marcos, me voy.
- ¿La vas a ver?
No respondí.
- Sos un tipo antiguo.
- Lo sé – mentí.
Salí desde el edificio y me encaminé derecho por cualquier avenida parecida a Paseo Colón. Era un día exageradamente espeso. Inexact
amente entre el puente de la mujer y el puerto una anciana vendía cruces de plástico. La evité y caminé hasta cruzarme con el Río De La Plata.
Abrí la primera página del libro escrita con un marcador rojo – antes de morir me quiero ahogar -. Cerré el libro y lo tiré gentilmente hacía el río.
Mis ojos se mojaron hasta convertirse en un desvío. El sonido de la lluvia era perfecto.

 

Alejandro Caputi 2009


EL LOCO DE LA COLINA

cuando tenía 14 años

mi viejo me enganchó escuchando

“the fool on the hill”

en un estéreo chiquito

que habíamos comprado juntos

en un musimundo

 

se me acercó y me dijo

que escuche la letra con atención

que era importante

que iba a aprender algo,

en ese momento era rebelde con él,

me gustaban más Harrison y Lennon;

McCartney estaba bien,

eso era todo

así como el comentario de mi viejo

 

hace unos días nos llamamos con mi viejo,

hace 4 años que no vuelvo a mi país,

me contó que allá todo estaba muy mal

y mientras lo escuchaba me di cuenta

que estaba tristemente enfermo,

la conversación siguió

y nos vi en ese musimundo

en el año 2000

eligiendo ese estéro chiquitito

donde iba a pasar todos mis discos de adolescencia

 

mi viejo estaba contento

porque sabia lo que iba a pasar,

sabía exacta

e irremediablemente

todo

lo que iba a pasar

 

Alejandro Caputi 2023

sábado, 4 de noviembre de 2023

FRIO

Hoy debe hacer frío

en algún lugar de buenos aires,

y ella debe sentirlo

            por entre sus abandonadas piernas

            y sus delgadas manos

           casi ajenas

cuando se despierta,

                       en desacuerdo con la muerte

                       todos los días

                       frente a la misma mañana,

en su pequeña habitación

siente como se estira el tiempo

entre páginas en blanco

y cigarrillos apagados

   

huérfana entre el mundo

piensa en infinitos bares cerrados

y habla de cosas imposibles

hacia la ventana

         entre pequeños momentos de libertad

observándolo todo con sus extraños ojos primitivos

 

quizá luego la veas bajar en el ascensor

con todos lo pecados capitales sobre su mano derecha

y un cigarrillo mal apagado entre sus uñas izquierdas

mirando fija y pausadamente,

hacia abajo,

guiñándole un ojo gastado al suelo

recuerda como a el le gustaban sus zapatos negros

sonríe

decide entonces salir a la calle,

ebria de viento

       y con sus gestos soñadores

       contra los ruidos del mundo

 

le resulta difícil olvidarse del otoño

con la rutina como un barro

sobre sus tacos

cuenta las mojadas baldosas de su barrio

  mientras frío es todo lo que hay

y el aire se torna blanco,

ella, levanta la mano y para el colectivo

       fiel a tiempos grises

donde el fuego es ceniza

y el amor un escenario vacío


Alejandro Caputi 2007

 

jueves, 22 de septiembre de 2022

IMAGEN TRANSITORIA SOBRE RIMBAUD

Fantaseé con guerras

Imágenes sin tiempo

Figuras de combates religiosos

De una luna melancólica brotaron

eléctricos ángeles intoxicados

Luego,

me refugié en el secreto

de las calles

Me encuentro vencido por

el sonido de la ceniza

Desearía a alguien presente

en el constante desarreglo

de mis pensamientos

Soy enteramente subconsciente

Me da miedo mi foto de Rimbaud

Y los párpados bajo la calle, locos enamorados

gritan ojos de plata

contra el viento.


Caputi Alejandro

2008





MON TEMOIGNAGE - ACCIDENT DE TRAVAIL CHEZ SOREDAL

 Chers amis, C'est l'histoire la plus triste que j'ai dû écrire dans ma vie, mais le besoin de laisser une trace de ce qui s...